326 FIGURES BYZANTINES il s’agissait de trouver une femme digne d’épouser l’empereur1: mais elle est traitée en outre avec une verve ironique et railleuse, qui rappelle les plaisanteries dont le moyen âge occidental s’égayait volontiers sur le compte du beau sexe. A tous ces titres, l’épisode vaut d’étre analysé avec quelque détail. Lorsque Belthandros se trouve en présence des quarante jeunes filles, l’une d’elles se détache du groupe, et, s’adressant au jeune homme : « Seigneur, sois-moi indulgent, ne méjugé point mal ». Mais lui : « En vérité, madame, je vous tiens pour fort éloignée du prix : car vos yeux ont quelque chose de rougeâtre et de trouble ». A la seconde il reproche ses lèvres un peu fortes qui l’enlaidissent fâcheusement, à la troisième son teint trop noir, à la quatrième ses sourcils mal dessinés. Celle-ci ne se tient pas droite, celle-là estmnpeu trop grasse : et chaque fois le juge ajoute ironiquement qu'à cela près elles méritent la palme. La septième a les dents mal rangées : « Les unes penchent en arrière, les autres viennent en avant. En conséquence, je vous le répète, ce n’est pas vous qui serez l’élue. » Finalement trois candidates restent en présence. Longuement Belthandros les examine; il les fait évoluer devant lui, pour se rendre compte, comme dit le poète, « de la beauté de leur visage, de l’ensemble de leur stature, de leur démarche, de leurs mouvements, de leur prestance ». Longuement, attentivement, « en artiste », comme dit le texte, il les examine. Finalement l’une est écartée, parce qu’elle a quelque duvet sur les bras, l’autre, parce que ses yeux sont un peu noyés et vagues. 1. Cf. sur cet usage mes Figures byzantines, lr* série, p. 15-17 et 134-135.