LES MINORITÉS NON-MUSULMANES EN TURQUIE 195 vraiment pas lieu à discussion. Je pris sur moi de changer d’argument, et demandai à Mgr Joachim s'il pouvait m’indiquer les raisons du rapprochement qui s’était opéré entre l’Église grecque et l’Église anglicane. « L’épiscopat anglican — me répondit-il — s’est depuis longtemps intéressé à nous. Vous savez qu’il existe des analogies, des affinités entre nos deux Églises, et qu’elles sont probablement celles qui tendent le plus à se rapprocher de l’Églisc romaine. A notre sentiment, il n’v a pas autre chose, dans la sympathie que nous témoignent les évêques anglais, que le désir de créer une atmosphère propre à rendre possible et à accélérer la réunion de toutes les Églises chrétiennes. — Cependant, repris-je — quelques démarches récentes semblaient indiquer un but plus précis et plus immédiat. » Et je rappelai à l’archevêque d’Énos un certain nombre de faits qu’il connaissait bien mieux que moi. Dès le début de la crise orientale, on avait vu le haut clergé d’Angleterre prendre fait et cause pour la Grèce et soutenir ses revendications. Au début de 1921, Mgr Dorotheos, locum tenens du Patriarcat œcuménique, faisait le voyage de Londres et nouait des relations avec les grands dignitaires de l’Église anglicane, qui 1 accueillaient avec une prévenance marquée. Le ehef provisoire de l’église grecque étant mort dans la capitale britannique, son corps était ramené solennellement au Phanar sur un bâtiment de guerre anglais. A plusieurs reprises, durant ces derniers mois, le haut clergé anglican avait fait tenir au Patriarcat