Le „patriarcat d’Ipeck“. 149 la cour impériale dut émigrer à Nicée avec le patriarcat oecuménique. La Serbie s’était alors emparée de la Vieille-Serbie d’aujourd’hui, et s’était ainsi annexée Févêché d’Ipeck. Le roi Sava Nemanitsch adressa donc au patriarche oecuménique la prière d’élever ce siège au rang d’archevêché et de reconnaître le métropolitain d’Ipeck nouvellement élu, comme le chef de l’église serbe autocéphale. Le patriarche consentit à la réalisation de ce désir, car on ne peut même citer un seul cas, dans l’histoire générale du patriarcat oecuménique, où le patriarche se soit refusé à reconnaître comme autocéphale l’église d’un Etat indépendant. (Nous avons déjà précisé plus haut les décisions prises par les conciles oecuméniques, dans les discussions relatives à l’exarchat bulgare.) Puis, au siècle suivant lorsque l’Etat serbe se fut agrandi considérablement par la conquête de la Hongrie et par la soumission de la Bulgarie à l’état de province tributaire, le titre de métropolitain parut insuffisant à l’archevêque d’Ipeck, qui se fit nommer en conséquence „patriarche de Serbie“, Enfin, Stefan Douchan ayant conquis également, en 1346, la Macédoine et l’Albanie, prit le titre „d’empereur des Serbes, des Grecs, des Bulgares et des Albanais“. Alors, le chef de l’église serbe se proclama officiellement „patriarche d’Ipeck“. Naturellement, ni le patriarche oecuménique d’alors, Théophanis, ni même l’empereur Jean Paléologue ne confirmèrent ce titre de „patriarche“ pour la Serbie. — Et plus tard, lorsque la Serbie tomba sous la domination ottomane et fut incorporée à l’empire turc, ce patriarcat éphémère fut aboli, sur la proposition du patriarche oecuménique; puis le siège d’Ipeck perdit sa qualité de circonscription ecclésiastique nationale indépendante et fut de nouveau soumis à la métropole d’Achris. Nous avons déjà fait remarquer antérieurement les efforts de l’archevêque d’Achris pour se créer une situation exceptionelle et