LE PORT BALKANIQUE. 279 disponibles pour l’exportation : en tête les animaux (300 millions pour les ovins et caprins, 120 millions pour les bovins) ; en second lieu les récoltes chères,, l’opium (154 millions), le tabac (90 millions), les cocons de soie (17 millions 1 /2) venaient ensuite les céréales (105 millions) et les légumes (26 millions) ; enfin, le minerai de chrome (40 millions), les peaux (18 millions 1/2), les fromages (16 millions 1/2). A l’exception du chrome (surtout de Valandovo), ce sont là encore des matières agricoles. Le courant inverse est plus irrégulier. Les importations en Iougoslaviè' venues de Grèce ont subi deux étapes de décadence. Elles diminuent d’abord de 1921 à 1923 avec lenteur, mais constance : Importations totales Importations en Iougoslaviè de Grèce % (en 1 000 dinara) (en 1 000 dinara) 192 1..............~ 4 122 097 242 557 5,89 192 2..............................6 441 876 181 519 2,82 192 3............................8 309 635 169 399 2,04 Les causes en sont d’ordre technique et politique : nous les verrons plus loin. En 1923 les deux États signent une nouvelle convention pour régler le transit par Salonique (10 mai). Les importations remontent et se maintiennent durant deux ans : 192 4............................8 221 743 265 447 3,23 192 5............................8 752 879 261 249 2,98 Mais, de nouveau, elles retombent et non pour des raisons uniquement financières : la décroissance du tonnage est réelle : ainsi 16 266 tonnes en 1926, 11 450 tonnes en 1927, 9 230 tonnes en 1928 ; baissent surtout les sommes, dépensées en achats : 192 6.............. 7 631 779 147 813 1,94 192 7.............. 7 286 290 102 311 1,41 192 8.............. 7 835 326 100 456 1,28 La chute graduelle du pourcentage, qui se poursuit depuis 1924 et qui,, depuis 1926, n’est pas proportionnelle à la baisse des importations iougoslaves, montre que la Iougoslaviè cherche d’un autre côté les articles qui venaient du Sud et dont elle a besoin. Sur les 100 millions de dinara, que représentent les importations de Grèce en 1928, la somme principale provient des achats faits hors de Grèce : tout d’abord les textiles, coton (35 797 000), laine — et autres poils textiles — (23 289 000),. forment, de beaucoup, les plus importantes entrées. Quelques articles agricoles, surtout les fruits (16 millions), les farines (3 millions), les légumes (3 millions). Les autres produits industriels sont insignifiants à côté des textiles : 2 613 000 pour le fer et les articles en fer. Tout ceci n’a point l’importance du commerce d’exportation. Les objets manufacturés, que la Iougoslaviè demande à l’Europe, arrivent par une autre voie, celle du Nord. Sur des recettes douanières de 1 625 millions de dinara pour toute la Iougoslaviè (1928), les bureaux de douane de Skoplié, Bitolj et Djevdjélia (Guevguéli) n’ont enregistré respectivement que 47,14 et 11 millions. Ces chiffres viennent donc corroborer ceux qui nous sont apparus de l’autre côté de la frontière, dans l’étude de la zone franche. Ici encore Salonique n’apparaissait plus comme la porte balkanique, paraissait se rétrécir à son rôle macé—