— XXII — rôle que la côte de Venise et de Ravenne joue dans la partie orientale de la presqu’île des phes auliques de la guerre de propager cette notion absurde d’une Italie s’étendant géographiquement jusqu’aux Alpes Dinariques ! ! Voilà d’un seul trait décrétée la suppression de la presqu’île balkanique ! C’est toute une « Scienza Nuova » propagée et vulgarisée en Europe pour détourner l’attention de l’opinion publique européenne du poignant spectacle d’une nouvelle emprise étrangère en plein pays slave et d’une nouvelle incarnation de l’esprit d’annexionisme. Heureusement, tous les savants d’Italie ne se sont pas prêtés à cette campagne, qui rappelle vivement l’autre campagne des écoles allemandes entre 1840 et 1866, où l’on ne se gênait guère de faire plier la géographie et l’histoire aux exigences du chauvinisme germanique. Nous ferons mention honorable d’un des maîtres de la science géographique en Italie, M. Errera, professeur ordinaire de géographie à l’Université de Bologne, qui, dans un article de propagande irrédentiste, n’a pas pu s’empêcher de rendre hommage à la vérité. « Aucun droit — écrit-il — ne nous est conféré en Dalmatie par le relief des formes terrestres... le territoire italien s’arrête géographiquement à la limite maritime... On ne saurait plus répéter aujourd’hui l’erreur des anciens manuels italiens que la Dalmatie est géographiquement une terre italienne (Les droits de l’Italie sur les Alpes et sur l’Adriatique dans l’ouvrage : L’Italie et la Guerre actuelle, Florence, 1916, Paris, Crès 1917, p. 132-133). Pourquoi faut-il après cela que M. Errera, outrepassant le domaine de sa compétence, se fourvoie dans une pénible argumentation pour prouver que, malgré tout, la Dalmatie est « au point de vue national » italienne ?