rend nécessaire le régime de la potence). « Strasbourg n’est pas à nous, il est avec nous » disait Fustel de Coulanges à Mommsen. Voilà, en deux mots, exprimé le droit national de la Serbie. Ce n’est pas la Serbie qui veut s’imposer, ni conclure avec une puissance particulière un marché auquel personne ne l’autoriserait. S’il y avait jamais un contrat entre la Serbie et les pays du même sang1 — et, dans les pages précédentes, nous avons vu combien ont de force les liens des diverses parties d’une nation — ce contrat devrait être soumis à l’approbation collective de la coalition européenne. Mais il ne pourrait faire l’objet d’un accord serbo-ita- 1 La déclaration serbo-yougoslave de Corfou, du 20 juillet 1917, a été publiée lorsque ce volume était déjà sous presse. Cet acte mémorable, auquel a apposé sa signature le premier ministre de Serbie, M. Pachitch, contient la formule claire et, dans ses traits généraux, définitive du programme unitaire yougoslave. A la vérité, son exécution immédiate dépend du triomphe des Alliés, mais fatalement il doit un jour se réaliser, quel que soit le développement futur de l’Europe. Rappelons que la proclamation — à laquelle ont collaboré les délégués de Croatie, de Dalmatie, de Bosnie-Herzégovine, d’Istrie et de Slovénie (membres du Comité yougoslaves) — est datée de l’île grecque d’où, il y a soixante ans, en son second exil, le Dalmate Tommaseo préconisa l’Unité yougoslave et adressa aux Croates et aux Serbes de fraternels encouragements et de précieux conseils.