— 3o3 — paix européenne, notre nation a — et ce fut pour nous un long martyre — subi toutes les violences et toutes les oppressions, avec le consentement de l’Europe et, en premier lieu, de l’Italie? Oui, de l’Italie, qui maintenant exprime son regret d’avoir, pendant une quarantaine d’années, supporté un demi-vasselage germanique et d’avoir laissé « s’implanter et se développer la domination étrangère dans nos instituts et dans nos établissements de production et s’introduire dans les organes mêmes de notre vie politique nationale ».1 L’Italie, en 1883, écoutait, patiente et résignée, les démonstrations austrophiles faites à Mon-tecitorio, les discours austrophiles de Mancini, de Minghetti et de Finzi. Ce Finzi (retour des galères autrichiennes) proclamait en 1883, que «la vraie politique de l’Italie exige l’accord avec l’Autriche. C’est seulement par l’union avec l’Autriche que nous pourrions, disait-il, faire face à toutes les surprises de l’Europe ». (Nous, plus noblement et plus sincèrement nous dirions : C’est seulement par l’union avec l’Italie que nous pourrions faire face à toutes les surprises du germanisme). Et l’Europe aurait-elle aujourd’hui le droit de nous reprocher notre passivité, elle qui invoque maintenant comme un titre de gloire rétrospective d’avoir 1 Discours du nationaliste •Henri Corradini, à la Chambre de Commerce de Qênes. 27 Juillet 1916.