— 170 — C’était bien naturel qu’il y fût contraire, depuis que la plus élémentaire prudence lui conseillait — si même il avait jamais eu l’idée de créer des embarras à l’Autriche — de ne pas irriter le gouvernement autrichien et de ne pas l’obliger à prendre une attitude hostile au mouvement d’émancipation slave de la Province. La prudence aussi lui suggérait de préparer un terrain sur lequel, dans l’attente des futures élections, le gouvernement pourrait adopter une attitude correcte et libérale. Aucune de ces considérations, claires jusqu’à voulu empêcher en mobilisant de nouveau frères contre frères ! Pendant cette seconde insurrection, Sir Arthur Evans, l’illustre archéologue anglais, zélé défenseur de la cause yougoslave et alors résidant à Raguse, fut emprisonné par les autorités autrichiennes. Une péremptoire réclamation de Qladstone le fit relâcher, mais le gouvernement autrichien l’expulsa de Raguse et des pays de ¡’Empire-En 1882, Sir Arthur Evans faisait fonction de correspondant du Manchester Guardian. Il avait été dénoncé au gouvernement autrichien comme un des fauteurs de l’insurrection et — dès lors ! — ennemi acharné de l’Autriche, vis-à-vis de qui, vraiment, en fait de haine il n’était dépassé que par son beau-père, l’historien Edward Freeman et par Qladstone lui-même. Consulter sur la question yougoslave la conférence de M. Evans : Les Slaves de VAdriatique et la Route continentale de Cons-tantinople, faite à la société Royale de Géographie de Londres. Traduction française par P. de Lanux. Londres 1916.