— LXXIV — à ses droits sur Zara en faveur de Venise, qui dès cette époque, profite de sa brillante situation financière pour corrompre les souverains hongrois. Cependant les grands seigneurs féodaux croates et non les vénitiens sont les maîtres effectifs de la Dalmatie. Ayant considérablement augmenté leur puissance par la capitulation de la Royauté (Bulle d’or d’André 1er de 1222, un pendant presque contemporain de la Magna Charta Libertatum que les barons anglais arrachent à Jean-sans-Terre, 1215) les grandes familles croates se sont partagé le territoire dalmate, comme si Venise n’existait pas. En effet, elle n’est que la maîtresse temporaire des villes. Le territoire dalmate lui échappe entièrement. Les princes Subitch de Bribir et les princes Svatchitch régnent sur la région du fleuve Cetina, les princes Katchitch régnent sur Al-missa et sur tout le territoire de Spalato jusqu’à la Narenta. D’autre part, les bans de Croatie continuent à se parer du titre de « banus de ma-ritimis partibus ». Voilà une nouvelle preuve que la royauté croate, émiettée en seigneuries féodales, n’est pas morte. Mais la Maison des Arpads est toujours la plus forte et les Croates — séparés des Serbes — n’ont ni l’organisation, ni le personnel politique nécessaire pour reconstituer le Royaume. Le roi Béla II profite de cet état d’é-miettement féodal pour asséner un coup formi-