SUR LES BORDS DE LA BRENTA tioche), dont on a tant parlé, eussent rien de plus beau que le bassin de Naples et les rivages de la Brenta. » De tels éloges semblent, aujourd’hui, singulièrement exagérés ; c'est que nous n’avons sous les yeux qu’un pâle reflet de l’ancienne splendeur de ces bords, au temps où on les visitait en burchiello. « C’est un grand bateau, dit La-lande, dont la chambre est communément ornée de peintures, avec des tapis, des glaces et des portes vitrées : on le fait remorquer par une ou deux barques à quatre rames depuis Venise jusqu’à Fusina, le long des lagunes, où la route est indiquée par des piquets, pour que les barques ne soient point exposées à s’égarer ou à donner sur les bas-fonds. Il faut environ une heure pour aller de Venise en terre-ferme, c’est-à-dire pour faire cinq milles ; on prend ensuite deux chevaux pour tirer la barque le long du canal de la Brenta... Quand on est entré dans ce canal, on trouve une double file de villages et de maisons qui se succèdent sans interruption, des palais superbes, des casins ornés, des jardins sans nombre, une belle verdure : je n’ai point vu de rivages aussi riants et aussi peuplés. » Quelque vingt ans plus tôt, le président de Brosses nous avait aussi vanté son burchiello qui se nommait le Bu-centaure. « Vous pouvez bien penser, dit-il, que ce n’est qu’un fort petit enfant du vrai Bucentaure ; mais aussi c’était le plus joli enfant du monde, ressemblant fort en beau à nos diligences d’eau, et infiniment plus propre, — 5 —