l’illustration DU PSAUTIER 243 moins très instructive. C’est un fait aujourd’hui admis — et peut-être même, à mon sens, l’est-il avec une rigueur trop absolue et un souci insuffisant des distinctions nécessaires — que la plupart des manuscrits illustrés que nous a légués l’art byzantin ne sont que des copies de prototypes beaucoup plus anciens. Il est donc fort intéressant de constater, par un exemple précis et jusqu’ici à peu près unique dans l’histoire de la miniature, de quelle façon le copiste a traduit et interprété son modèle, et l’on est immédiatement frappé de tout ce que deux siècles seulement d’écart ont, entre l’original et la copie, mis de différences profondes. On voit par là avec quelle réserve infinie il convient de raisonner lorsque, dans l’illustration d’un manuscrit, on se flatte de reconnaître les traits caractéristiques de l’original perdu. Et il ne me déplaît pas, pour le dire en passant, que ce soit M. Strzygowski, si volontiers séduit d’ordinaire par l’audace des hypothèses, qui nous prodigue aujourd’hui, dans la belle publication qu’il consacre au Psautier serbe de Munich, ces conseils inaccoutumés de prudence et d’esprit critique1. Par les soins de MM. Jagic et Strzygowski, 1. Pp. i33*m.