212 DANS L’ORIENT BYZANTIN engagerait son armée, ses trésors, sa personne dans la lutte contre Iles Ottomans. Il semble bien que cette tradition romanesque ait été imaginée plus tard pour masquer ce que l’histoire vraie avait d’assez peu glorieux pour l’orgueil des princes de Trébi-zonde. Au moment où il demandait la main de la belle Théodora, Hassan, en effet, en bon musulman, avait plusieurs femmes déjà, et des enfants assez nombreux; il avait, par ailleurs, dépassé la cinquantaine et, quoiqu’il fût, au dire des ambassadeurs vénitiens, de caractère gai, et au total, « un fort plaisant seigneur », pourtant, avec sa face un peu tartare, son visage haut en couleur, visage de gros mangeur et de buveur copieux, avec son humeur parfois incommode et colérique, ce Turcoman n’était point, pour une jeune femme, un prétendant bien souhaitable. Ce sont là, quand il s’agit de conclure un mariage politique, des considérations tout à fait accessoires et parfaitement négligeables. Aussi l’empereur de Trébizonde n’en prit-il nul souci. Une chose pourtant le gênait quelque peu. Quoique bien des princesses déjà de la famille des Comnènes eussent épousé des musulmans, Jean éprouvait quelque scrupule à donner sa fille à un infidèle, et à l’induire ainsi, peut-être; à aban