464 CHAPITRE XXV. les échos affaiblis de la tribune française.. Si l’Autriche avait eu de l’argent et des soldats, la guerre eût peut-être éclaté; mais il fallut faire contre fortune bon cœur et reconnaître le gouvernement de Louis-Phiiippe. Puis survinrent la révolution de Bruxelles et celle de Varsovie. L’Autriche était devenue indifférente aux destinées des Pays-Bas; mais les événements de Pologne touchaient de fort près à ses intérêts; naguère, au congrès devienne, Metternich avait protesté contre la cession du grand-duché de Varsovie à la Russie. Les rancunes secrètes qu’on nourrissait contre les Russes depuis la campagne de Turquie étaient loin d’être apaisées; la Graiicie était agitée; les Hongrois, épouvantés de l’agrandissement de la Russie, déclaraient l’avenir de leur nation compromis par le développement de l’Ëtat moscovite et réclamaient une intervention armée en faveur de la Pologne ; les Slaves étaient émus par l’idte d’une lutte entre leurs congénères. Les Allemands mêmes, les uns par libéralisme, les autres par conviction religieuse, se montraient favorables à l’insurrection. La conduite du cabinet autrichien fut aussi équivoque dans l’affaire polonaise qu’elle avait été mesquine dans la question d’Oricnt. François concentra un corps d’armée sur la frontière galicienne pour empêcher les insurgés de passer sur le sol autrichien; il interdit l’exportation des armes en Pologne (25 décembre 1830), mais il laissa son ministre résider à Varsovie tandis que la Prusse, plus correcte au point de vue diplomatique, retirait le sien. Il n’annonça point l’intention d’intervenir contre les insurgés, comme il avait fait en Italie et en Espagne; mais Gentz exprima dans la Gazette d’Augsbourg des sentiments d’une sympathie généreuse pour les rebelles. Dans les cercles politiques de Vienne, il fut un instant question de mettre un archiduc autrichien sur le trône de Pologne. Quand la lutte atteignit son apogée, Metternich offrit une médiation qui fut refusée par la Russie. Les affaires d’Italie réclamaient d’ailleurs une nouvelle inter-\ention qui ne se fit pas attendre. Aux premiers jours de février 1831, les habitants de