LA HONGRIE RÉVOLTÉE. 327- vé, et la principauté avait été gouvernée par des licute* nants impériaux Le traité de Karlovci (1699) faisait reconnaître par fe droit public européen ce nouvel état de choses. La même année, par un diplôme spécial, Léopold reconnut les droits et privilèges de la principauté et le libre exercice des religions protestante et orthodoxe, pratiquées par une partie des habitants ; mais la noblesse tran-sylvaine n’accepta pas du premier coup cette annexion, qui en la réunissant à la mère-patrie, la soumettait en réalité à une soldatesque brutale, à une administration tracassière. Les mécontents ne tardèrent pas à trouver un chef dans la personne de François Rakoczy (',706-1711). Ce personnage apportait à leur cause tout un héritage de traditions héroïques et de rancunes héréditaires. Sa mère était la fille de ce comte Zrinyi qui avait péri sur l’échafaud, la veuve de François Rakoczy et de Tœkœli ; son père, François Rakoczy, avait pris part au complot des trois comtes, et, plus heureux que ses complices, il avait échappé à l’échafaud. A l’âge de douze ans, François Rakoczy, avait été emmené à Vienne, élevé dans la religion catholique et destiné à l’état ecclésiastique; cependant il obtint la permission de retourner en Hongrie et de voyager; tout jeune encore il épousa une princesse de Hesse-Rheinsfeld, dont le courage yiril s’harmonisait bien avec son tempérament aventureux. A une grande vigueur corporelle , Rakoczy joignait une rare énergie morale et une ambition peu commune. Sa première conspiration ne réussit pas ; il fut saisi et jeté dans la prison de Neustadt; il trouva moyen de s’enfuir et se réfugia en Pologne. Là, landis que l’enu pereur confisquait ses biens et mettait sa tête à prix, il s’aboucha avec l’ambassade française qui lui accorda quelques subsides. En 1703, il rentra en Hongrie. Une révolte de paysans venait d’éclater dans les environs de Munkacz L’irritation était grande dans le royaume : les tentatives de la cour de Vienne pour anéantir les libertés hongroises se renouvelaient sans cesse. Récemment encore, l’empereur Léopold avait appelé auprès de lui une