204 CHAPITRE XII. les deux especes et envoya un légat, Pantin de Valle, pour inviter le roi à renoncer à la doctrine utraquiste. Ni les convictions personnelles de Georges, ni les intérêts d’une sage politique, ne lui permirent d’obéir à cette injonction; en abjurant la foi utraquiste, il eût soulevé contre lui la majorité de cette nation qu’il avait eu tant de peine à pacifier. Il fit jeter Fantin.de Valle en prison. Pie II lui déclara la guerre, exhorta les citoyens de Breslau à refuser obéissance au roi et le menaça d’excommunication (1468). La mort du fougueux pontife suspendit pour quelque temps l’effet de cette menace. Son successeur, Paul II, voulait gagner du temps et se mettre en état d’ajouter aux armes spirituelles le concours de la force matérielle. Il négocia, d’une part avec les seigneurs catholiques bohèmes, de l’autre avec l’empereur d’Allemagne. Les catholiques n’avaient pas à se plaindre du roi, qui respectait complètement leur liberté de conscience; mais ils commençaient à le trouver trop puissant et n’eussent pas été fâchés de réduire son autorité. Les empereurs n’avaient jamais dédaigné l’occasion d’humilier un roi de Bohême. L’un des principaux seigneurs catholiques, Zdènek de Sternberg, grand burgrave du royaume, se mit à la tête d’une confédération (confédération de Zelena Hora — Grünberg) qui entra en relations avec l’empereur; le pape Paul II lança l’anathème contre Georges, déclaré hérétique, relaps, spoliateur des biens de l’église (1465), défendit à ses sujets de lui prêter obéissance et fit prêcher la croisade contre les Hussites. Il trouva les princes allemands, sauf l’empereur, peu disposés à le seconder; l’octroi des indulgences et l’espoir du butin réunirent à peine quelques bandes armées, qui n’apportèrent qu’un faible secours aux confédérés de-Zelena Hora Un certain nombre de villes royales se soulevèrent en Silésie, en Moravie, en Bohême ; la catholiquo Plzen se joignit aux rebelles. Georges, après avoir essayé*de transiger avec le Saint-Siège, entreprit bravement de repousser la force par la force. Il en appela au futur concile œcuménique, au futur pontife et, ce qui valait mieux, organisa une armée solide.