LES ESSAIS CONSTITUTIONNELS. 551 jeune royaume d’Italie, impatient d’acquérir la Vénétie, et à qui elle promettait un subside de 120 millions. En vain Napoléon III essaya de résoudre dans un congrès la qucs- , tion des duchés de l’Elbe et celle de la Vénétio. Il ne fut pas plus heureux qu’il ne l’avait été dans les affaires de Pologne. L’Autriche s’obstinait dans son point d’honneur et dans son arrmjr-propre militaire. Le général Gablenz fut chargé de convoquer la diète du Holstein pour recevoir les vœux du pays sur son sort à venir. M. de Bismarck déclara la convention de Gastein violée : il fit occuper le Holstein et mobilisa l’armée prussienne. Les petits Etats de l’Allemagne se prononcèrent contre la Prusse, mais elle occupa rapidement la Hesse, la Saxe et le Hanovre (juin 1866). Bade, la Bavière et le Wurtemberg tinrent bon, mais luttèrent faiblement; l'Italie envoya sa flotte dans l’Adriatique et ses iroupes sur le quadrilatère. Les Prussiens entrèrent en Bohême. Ce fut une foudroyante campagne ; le commandani des forces autrichiennes, Benedek, au lieu d’occuper la Saxe, avait attendu l’ennemi en deçà des défilés de la Bohême : ses lieutenants, Clam-Galatz et Gablenz, furentdéfaits successivement à Jiôin et à Nachod (26-29 juin) : lui-même concentra ses troupes près de Kralove-Hradec (Kœniggrætz) et du village de Sadova. Une grande bataille s’engagea le 3 juillet; elle coûta aux Autrichiens 20 000 prisonniers, 160 canons, 18 000 morts et blessés ; Prague et une grande partie de la Bohême furent occupés par les Prussiens dont les officiers d’état-major avaient, l’année précédente, déguisés en photographes ou en colporteurs, soigneusement étudié la topographie. La route de Vienne était ouverte, et l’ennemi marcha sur cette capitale par la route de la Moravie. En Italie, l’armée autrichienne avait été plus heureuse; elle était commandée par l’archiduc Albert, le fils du vainqueur d’Aspern ; fortement appuyé sur le quadrilatère, il défit les Italiens à Gustozza (24 juin). La flotte italienne fut également vaincue près de l’île Lissa (20 juillet) par l’amiral Tegetthoff, le grand homme de mer de la jeune marine autrichienne. Mais ces succès n’étaient qu’une consolation