L’AUTRICHE-HONGRIE DE 1867 A 1878. 575 En revanche, le programme de MM. Rieger et Clam Mar-tinitz surexcitait au plus haut point l’égoïsme des Allemands et des Hongrois. Nous avons dit plus haut pourquoi les Magyars ont peur du slavisme; quant aux Allemands d’Autriche, le nombre était fort restreint de ceux qui tiennent à mettre en pratique le célèbre axiome de François II : Justüia erga omnes nationes est fundamenlum Austriæ. Beaucoup tournaient leur regard vers la grande Allemagne et ne demandaient que l’anéantissement de cette nation tchèque qui se dresse opiniâtrement entre Vienne et Berlin, et qui est, comme on l’a dit souvent, unpieu enfonce dans la chair allemande (ein Pfahl in deutschen Fleisch). HonTd érhec du fédéralisme. D’ailleurs, si l’Autriche, de par le traité de Prague, ne devait pas se mêler des affaires intérieures de l’Allemagne, la réciproque était loin d’être vraie. Les hommes d’État de Berlin observaient leurs compatriotes de l’Elbe supérieur et du Danube avec Inattention jalouse qu’ils prêtaient naguère à leurs frères du Schleswig ou d’Alsace. Ils entretenaient dans une partie de la presse viennoise une agitation dont il ne serait peut-être pas très difficile de pénétrer le secret. De nombreuses entrevues, dont les eaux de Gastein étaient le plus souvent le prétexte, donnaient lieu à des échanges d’idées où l'intérêt germanique était généralement moins sacrifié que l’intérêt autrichien. On remarqua que dans .’été de 1871 ces entrevues avaient été fort nombreuses à Ischl, à Salzbourg, à Gastein ; l’empereur d’Autriche s’y était rencontré à diverses reprises avec l’empereur d’Allemagne, et M. de Bismarck avec M. Andrassy. Toutes les influences germaniques et magyares s’unirent donc pour faire échec aux espérances de la Bohême: l’empereur Fran-çois-Joseph crut devoir céder devant cette coalition. Le ministère fit un premier pas en arrière en déclarant que les articles fondamentaux seraient soumis au prochain Reich-srath ; pour qui sait comment cette assemblée était coin-