I.A BOHÈME. GUERRES DES HÜSS1TES. 173 assemblée qui fut tenue à Prague, quatre cent cinquante-deux seigneurs et chevaliers de Bohême et de Moravie, rédigèrent une lettre adressée au Concile de Constance où le supplice de Jean Hus était représenté comme un affront fait à la noblesse bohème tout entière. Us formèrent en outre une sorte de ligue qui déclarait ne vouloir prêter obéissance à aucun prêtre étranger : ils ne reconnaissaient que les évêques de l’Église nationale, à condition toutefois que leurs doctrines fussent conformes à celles de l’Ecri-ture; ils faisaient les mêmes réserves, quant à l’obéissance due au pape que le concile devait prochainement élire ; ils déclaraient n’admettre, commeau toritéen matière de foi, que le conseil dos proiesseurs de l’Université de Prague. Ainsi les Hussites ou, pour employer le terme propre, les utra-quistcs,se constituaient en un grand parti au sein de l’Église universelle. Us formaient aussi un parli dans la Bohême; car une minorité conservatrice, soit par conviction, soit par intérêt, restait fidèlement attachée à la tradition catholique et romaine. Les Allemands formaient le principal élément de cette minorité; ainsi la rivalité des deux nations se retrouvait dans le domaine de l’idée religieuse. Il ne faut jamais oublier le rôle important que la réaction du. patriotisme tchèque contre le germanisme joue dans les mouvements de cette époque. Le concile prit des mesures énergiques. Jacob de Sti'ibro et les signataires de la protestation furent cités à comparaître devant lui; l’Université de Prague, siège de l’hérésie, fut déclarée supprimée et dépouillée de tous les privilèges que le pape lui avait conférés; le roi Vacslav, la reine Sophie et le nouvel archevêque de Prague, Iionrad, étaient menacés des peines ecclésiastiques s’ils ne se prononçaient pas franchement contre l’hérésie naissante. On tint peu compte de ces menaces ; la nouvelle du supplice de Jérôme de Prague porta à son comble l’exaspération des esprits. L’Université, bien loin de se soumettre aux menaces du concile, s’érigea en corps doctrinal et déclara par un manifeste solennel, que la communion sous les deux espèces était indispensable au salut des âmes. Jean Hus