LA CONSTITUTION DUALISTE. 567 la déclaration tchèque : elle formulait le programme suivant : « La diète du pays nomme seule des députés au Reichsrath. — Le gouvernement ne pourra jamais ordonner d’élections directes. — Les députés galiciens ne prendront part aux délibérations du Reichsrath que pour les affaires'communes à la Galicie et aux autres pays cislei-thans. — Les affaires commerciales du pays, les institutions de crédit, les droits de cité et la police des étrangers, l’enseignement, la justice et l'administration rentrent exclusivement dans la compétence de la diète. — La Galicie aura une cour de cassation. — Elle réclame un gouvernement séparé, responsable devant la diète, et un ministre responsable. Il va de soi que ces prétentions furent rejetées par les Allemands qui, grâce au système que nous avoDS indiqué plus haut, formaient la majorité factice du Reichsrath. Soumise à cette assemblée en 1869, la résolution fut repoussée par la question préalable. Elle avait d’ailleurs contre elle les députés ruthènes, qui redoutaient l’omnipotence des Polonais et voulaient s’appuyer sur un pouvoir énergique. A l’extrémité occidentale de la monarchie, les Slovènes, dans de nombreux meetings, réclamèrent la formation d’un royaume de Slovénie ou d’Illyrie qui aurait compris Trieste, l’Istrie, Gorica, Gradisca, la Carniole, la Carinthie méridionale, la Styrie méridionale; en Dalmatie la lutte n’était pas moins vive, à la diète de Zara, entre la minorité italienne soutenue par le gouvernement, toujours et partout hostile aux Slaves, et les représentants des Serbo-Croates. Vers la fin de 1869 une insurrection éclata dans les Bouches de Gattaro : les Serbes de ce district, population guerrière et fort semblable à celle du Monténégro, refusèrent de laisser appliquer chez eux la nouvelle loi sur la landwehr ; ils voulaient bien porter les armes et combattre pour la défense de leurs montagnes; mais ils refusaient de se laisser enrégimenter et transformer en Kaiserliks. Ils coururent aux arnei; l’état de siège et la loi martiale ne purent les réduire; deux généraux autrichiens épuisèrent en vain contre ces tireurs habiles, retranchés dans des si-