L'AUTRICHE DE >867 A 1878. 577 auquel ils aspirent, le règne de François-Joseph a vu en revanche s’accomplir de nombreux progrès sociaux et économiques. De nombreuses lignes de chemins de fer ont été construites; (lies ont mis Vienne, Pesth et Prague en communication avec les points les plus éloignés de la monarchie et les grandes capitales do l’étranger, sans excepter Coastan-tinople. Des traités de commerce et de navigation ont été conclus avec la France, l’Angleterre et la Russie. L’industrie a pris, dans les diverses provinces, un rapide essor; elle s’est signalée dans les grandes expositions internationales. Celle qui eut lieu à Vienne, en 1873, fut l’une des plus intéressantes de notre époque. Malheureusement, les résultats financiers en furent peu brillants, et elle coïncida avec un désastre économique qui ébranla pour de longues années le crédit public. Vienne, depuis 1815, était devenue, nous l’avons déjà fait remarquer, une ville de banque et de spéculation. L’institution immorale de la loterie entretenait chez la population le goût des jeux de bourse et de l’agiotage. L’agiotage effréné aboutit nécessairement à des catastrophes; c’est ce qui se produisit à Vienne lors du krach, ou grand effondrement de 1874. Sur cent quarante-sept banques par actions, quatre-vingt-seize s’écroulèrent en moins de trois ans. Ce désastre entraîna la ruine d’une ioule de familles. Malgré les sinistres conséquences du krach, le règne de l’empereur François-Joseph fut poür les grandes villes de l’État autrichien une époque de restauration, d’embellissements, d’épanouissement artistique. La peinture et l’architecture ont eu à Vienne, à Prague, à Budapest, à Cracovie de remarquables représentants; elles ontproduitdes œuvres dont quelques-unes méritent de passer à la postérité. Le chef de l’école viennoise a été, en peinture, Hans Makart, dont les œuvres, essentielhment décoratives, ont été plus d’une fois admirées à Paris; la Galicie a produit Matéjko, qui consacra son talent grandiose à la reproduction des plus glorieux épisodes de l’histoire de Pologne ; la Bohême, Czermak, le peintre des Slaves méridionaux, et Brozik, qui se plaisait à retracer les scènes du Moyen âge et de la BIST. DE L’aCTÜICIIK. 37