L'AUTRICHE SOUS MARIE-THÉRÈSE 353 taires du royaume avaient abandonné la capitale pour rester fidèles à la reine. Charles de Bavière institua un gouvernement provisoire dont le président fut Philippe Krakovsky de Iiolovrat; il établit'un chancelier de la couronne de Bohême à Munich, convoqua une diète pour se faire accorder des secours de guerre et retourna en Allemagne. Ce fut lui qui, en sa qualité de roi de Bohême, céda à Frédéric le comté de Glalz (Kladsko) ; Marie-Thérèse dut ratifier cette cession. Plus tard, la Bohême fut envahie par les Français que commandait le maréchal de Belle-Isle, et Prague occupée par eux. On sait comment le colonel Che-vert se distingua dans cette campagne. Marie-Thérèse n’entra à Prague qu’en avril 1743 et se fit couronner par l’évê-que d’Olomouc. Pour éviter que lacouronncde Bohême fût désormais posée sur la tête d’un étranger, et pour effacer de plus on plus la tradition historique, elle la fit transporter à Vienne. La cession de la Silésie priva le royaume de Saint Vacslav d’un tiers de ses domaines. Les États du royaume durent la ratifier. La reine jugea à propos do les faire intervenir pour dégager sa responsabilité et les remercia du concours qu’ils lui avaient prêté. La Bohême mutilée eut à s’imposer encore d’autres sacrifices; la diète renonça au contrôle qu’elle exerçait sur l’administration et l’entretien de l’armée ; le royaume dut porter ses appels à Vienne; la chancellerie bohème fut fondue dans une chancellerie suprême de la cour : la Bohême fut soumise à la même législation criminelle que les pays autrichiens. Un archevêché fut créé à Olomouc; la Moravie fut ainsi soustraite à la juridiction spirituelle du siège de Prague. Enfin la langue allemande fut introduite dans toutes, les écoles et dans tous les bureaux, comme le seul idiome officiel de l’administration et de l’enseignement. C’étaient ià de rudes coups portés à la nationalité tchèque. Un recensement fait sous le règne de Marie-Thérèse comptait dans le royaume douze cent mille individus du sexe masculin, soit une population d’environ deux millions et demi d’habitants. Au lendemain de la guerre de Trente Ans, il n’en avait plus crue huit cent mille. 1IIST. DE L'AUTRICHE. 23