LA MACÉDOINE CHECÛt'E 195 soixante ans, répondit : « Je suis né dans ce pays et j'y resterai sans changer de nationalité. » On le fit appeler une seconde fois pour lui demander : « Où sont tes fils. » — « Ils sont en Bulgarie. » — « Tu dois nous remettre leurs biens. » — « Ils n’ont rien. » Alors, quelques officiers, fouillant la maison, trouvèrent la dot de la femme de M. Ténaelkov, d'une valeur de 2:10 livres. On saisit cette dot. Puis, on conduisit M. Madjiyanev à. Ormané-Tcliiflik et à Livounovo, sous prétexte qu’il devait se présenter au commandant. Arrivé à Ormané, on le menaça de mort et on lui demanda de l’argent. Il en promit, et les mêmes officiers grecs le ramenèrent à Melnik. 11 leur compta 180 livres turques. Mais il possédait en outre une propriété à Sclavé. On y saisit tout son grain, son blé et son orge (3o.ooo et 4o.ooo « okas »), ainsi que ses buflles qui, au nombre de seize, lui avaient coûté 200 livres turques. Au moment du départ des Grecs, on décida enfin de le tuer, lui et sa femme. Mais un ami grec, Nicolas le « Bakardji 1 », le prévint el lui proposa de s’enfuir sans retard avec les Grecs, en lui disant qu’on viendrait le chercher dans quelques heures. Il accepta, s’enfuit el se cacha dans le village bulgare de Raïkovtsi. Pendant qu’on le cherchait à Demir-IIissar, il se saava sur un cheval à travers la montagne de Piriné. Mais il 11e revient pas à Melnik. Fatigué, il s'arrêta à Sclavé et y mourut d’épuisement. Dans l'énumération des villages bulgares brûlés dont il se souvient, M. Té-melkov a nommé : Marikostinovo, Marino-Polé, Konla, Kapatovo, Kroumi-dovo, Dzigvélia, Mandjovo, Tchitlitsi, Khotovo, Ladarévo, Laskarévo, Sclavé, Spatovo, la moitié de Livounovo (après le départ de l état-majorgrec), Ormané-ïchiflik, Saint-Vratché, Polévitsa, Khrsovo, la moitié de Vrana, Katountsi, le « haut » et le « bas » Spantchévo. Il ne reste, nous disait-il, que les villages situés dans la montagne. Tout le mobilier, le bétail et le grain ont été pris par les Grecs. Un officier autrichien, M. Br., qui a raconté avoir été pris par la population de Strumitza pour un membre de la Commission, pendant qu’il se rendait à eheval, après la fin de la guerre, de Sofia à Saloniqite, en compagnie d’un officier allemand, M. d. 11. T. a assisté à la destruction de la ville de Strumitxa. La IieichsposL de Vienne a publié le récit de M. Br., qui a envoyé, en outre, un compte rendu au consulat autrichien de Sofia. Ce récit nous devons le reproduire puisqu’il rentre dans le cadre de notre enquête : « Le 28 juillet (style ancien), la paix avait été conclue. Le 8 août, soit dix « jours avant Le commencement de mon voyage et après la conclusion de la « paix, les soldats grecs ont commencé à brûler et à piller la ville. Leur « façon d'ineendisr était la suivante: on versait de la benzine sur les différents 1 Le chaudronnier.