312 DOCUMENTS RELATIFS AU CHAPITRE DEUXIÈME femme de quatre-vingts ans, Héléna Témelcova, abattue d'un coup de feu. puis décapitée par un soldat grec. Il était caché derrière quelques pierres sur un terrain en pente et, peu après, il réussit à s’enfuir. Il vit le village incendié par les Grecs. N0 49. Al. V..., interrogé à Salonique (nom supprimé). — Il fut fait prisonnier par les Grecs à Pancherovo. Il parle bien le grec ; se donnant pour Grec, il fut remis en liberté. Il vit tuer trois hommes du village, apparemment pour les voler. Leurs noms étaient Angel Michaïl, Athanase Batcto et le fils de ce dernier. Athanase avait sur lui ai livres turques. Les paysans de ce village étaient allés à la rencontre des troupes avec un drapeau blanc. 11 arriva, lui. le a3 juillet. On lit onze prisonniers en même temps que lui. Tous furent tués sur la colline près de la passe de Kresna. C'étaient des hommes armés. iV° 50. Nicolas Témelcov, de Melnik, autrefois professeur, maintenant marchand. — Entre le 11 juillet et le i6, tous les Bulgares du district de Melnik s'enfuirent vers la vieille Bulgarie et il les suivit, mais depuis, tout récemment, il a revu Melnik. Dans le village de Sklava, comme il le traversait, il vit toutes les femmes rassemblées par les soldats grecs dans la maison de Mito Constuntinov, puis partagées entre 3o soldats. Une jeune fille de dix-huit ans, nommée Mabsa Anton Mancheva, résista vaillamment et alla jusqu'à offrir 6o livres. Les Grecs prirent son argent, puis essayèrent de la violer. Elle résista et fut tuée. Melnik n’a pas été incendié, sauf le Club des officiers et l’hôtel de la Poste. Les maisons grecques sont vides et les meubles sont partis. Le père et la mère du témoin étaient restés dans la ville et lui racontèrent leur histoire. Les Grecs leur avaient dit : « Nous ne désirons pas avoir des ours qui vivent dans notre pays. Nous voulons des hommes. » Par « ours », ils désignaient les Bulgares. Les officiers s’emparèrent de tout ce qui appartenait au témoin, sous prétexte qu’il avait fui. Ils demandèrent des marchandises appartenant à son père jusqu’à concurrence de 18 napoléons, puis ils l'emmenèrent à sa ferme d'Orman-Tchiflik et le menacèrent de mort. Il donna 180 livres pour sa rançon et on le ramena à Melnik. Tout cela fut fait par des officiers. Ils saisirent des quantités de froment, de riz et d’orge dans la ferme de son père, et, aussi, les buffles de celui-ci. On donna l'ordre de tout enlever à Melnik, gens et choses, et de tout transporter à Demir-IIissar ; le Gouvernement mit même des automobiles et des vagons à la disposition des habitants grecs pour ce voyage. On frappa ceux qui ne s'en allaient pas de bon gré. Ce trait, c'est son père qui le lui a raconté. Celui-ci, un vieillard, est mort depuis d’épuisement et d’ébranlement cérébral.