230 LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES DE LA GUERRE A la date du 27 février 1914, des chiffres officiels ont été donnés à la Skoupchtina parle ministre de la Guerre. Ils annoncent 12.000 à i3.ooo tués, 17.800 à 18.800 morts des suites de leurs blessures, du choléra ou de maladie, 48.000 blessés. Serbes et Bulgares ont supporté les blessures avec une résistance physique que tous les médecins et chirurgiens ont remarquée. Les cicatrisations se sont opérées rapidement. Cela provient de ce que ces peuples sont sobres : l'alcool n’a point affaibli et empoisonné leurs organismes. Il nous a été impossible de connaître les chiffres des pertes subies par les Grecs, les Monténégrins et les Turcs. Malgré notre insistance k demander ce renseignement au ministère des Affaires étrangères de Grèce, nous n'avons pu l’obtenir, les rapports k ce sujet n’étant point encore centralisés. Les pertes des Grecs ont dû être bien moindres que celles des Serbes et des Bulgares. Les Monténégrins auraient eu, comparativement à leur nombre, beaucoup de morts, k raison de leur attitude au feu : leur fierté les fait s’offrir aux balles, refusant de se coucher ou de se défiler derrière des abris, combattant comme aux époques des armes à courte portée et peu meurtrières. De Turquie nous n’avons aucun document, malgré nos sollicitations réitérées. Il est probable, d’ailleurs, que la Turquie ne possède point les éléments permettant d’établir une statistique même approximative. Tout ce qu’ont raconté les correspondants de guerre permet de dire que les Turcs ont dû payer un lourd tribut à la mort, tant soiis les coups de l’ennemi, qu’à la suite des épidémies, du manque de soins et de vivres, dans les paniques et les désarrois de la défaite. Ce n’est point tout. Les armes n’ont point seulement été dirigées, on l'a vu, contre les belligérants. Des massacres ont eu lieu en Macédoine, en Albanie : des vieillards, des paysans, des villageois, des femmes et des enfants ont été victimes de la guerre. Quel peut être leur nombre ? Il n'est pas possible d’évaluer spécialement, chapitre par chapitre, à combien se sont montées les pertes matérielles par destruction. Les Etats balkaniques, dans leurs réclamations à la Commission financière de Paris, ne les ont point détaillées, sauf la Grèce, qui en a, certainement, eu le moins k supporter, dans la première guerre; dans la guerre des Alliés, la partie de la Macédoine qui lui a été attribuée a été, par contre, particulièrement dévastée et les vastes incendies de Serres, de Doxato, de Kilkich, ont été de véritables désastres matériels. La Grèce a, pour les destructions dues à la première guerre, formulé les réclamations suivantes : « Au cours des hostilités, les armées ottomanes fuyant devant les armées helléniques ont laissé derrière elles un pays absolument dévasté par les pillages, le massacre et les incendies. Près de 170 villages ont été la proie des flammes;