LES PAYSANS BULGARES ET L'ARMÉE GRECQUE 85 les lettres (pour la plupart, mal orthographiées et mal écrites) avaient été soigneusement déchiffrées et honnêtement traduites ; 2° que les fragments intéressants étaient de la même écriture que l’adresse des enveloppes (lesquelles portaient le timbre officiel) et que les parties qui ne renfermaient que des détails personnels; 3° que les manuscrits n’avaient pas été l’objet d’un truquage. Quelques petites erreurs, des inexactitudes, fournissent une preuve d’authenticité. Une lettre est datée par erreur du i5 juillet (vieux style), bien que les sacs postaux aient été saisis le i4 (27)- Nous avons aussi remarqué plusieurs fautes (y compris une faute de grammaire) faites par le secrétaire bulgare qui avait recopié en caractères latins les adresses écrites en caractères grecs : c’est une preuve qu’il ne savait pas assez de grec pour les inventer. D’ailleurs, il est inutile d’insister sur ces petites marques d’authenticité : on a publié un fac-similé de ces lettres, et les adresses, aussi bien que les signatures, sont celles de gens existants. S’ils avaient été calomniés, à l’aide de documents forgés avec cette rouerie invraisemblable, il v a longtemps que le Gouvernement grec aurait appelé ces soldats devant quelque tribunal impartial pour prouver devant lui, par un spécimen de leur véritable écriture, qu’ils n’avaient pas écrit les lettres. En résumé, la Commission se tient pour assurée que les lettres sont authentiques. Ces lettres n’ont pas besoin de commentaires. Quelques-uns des soldats se vantent des cruautés commises par l’armée grecque, d’autres les déplorent. Les faits y sont relatés de manière simple, claire, brutale et tendent tous à produire la même impression. Les soldats racontent qu’ils ont brûlé partout tous les villages bulgares. Deux se vantent d’avoir exterminé des prisonniers de guerre. L’un d’eux assure que toutes les jeunes filles qu’on rencontra furent violées. La plupart insistent sur le massacre des non-combattants, y compris les femmes et les enfants. Quelques extraits, chacun d'une lettre différente, suffiront à donner une idée de leur contenu : « Par ordre du roi, nous mettons le feu à tous les villages bulgares, parce que les Bulgares ont incendié les belles villes de Serrés, de Nigrita et plusieurs villages grecs. Nous nous sommes montrés nous-mêmes beaucoup plus cruels que les Bulgares. Nous avons violé toutes les jeunes filles que nous avons rencontrées. » .....« Ici, nous sommes en train de brûler les villages et de tuer les Bulgares, femmes et enfants. » ..... « Nous n’avons fait que peu (de prisonniers) et nous les avons tués, car ce sont là les ordres que nous avons reçus. » ..... « Nous avons brûlé les villages, comme nous en avons l’ordre ; nous